Donc, je m'y pointe tout à l'heure.
Jusque là, j'ai eu des gens coopératifs. Même assez contents de m'aider.
Là, j'ai eu une crème, une pointure.
"Il faut une autorisation", qu'il me dit, en parlant trop mal histoire que je comprenne pas ce qu'il veut.
Bien antipathique, donc, le type.
Donc, je monte au secrétariat de la direction où la jeune secrétaire m'a à la bonne (pas de commentaires, c'est pour la science).
Pas de bol, elle y est pas. Son collègue est là, me reconnaît, fait diligence. Ben même à deux on l'a pas tordu, le vieux con.
Le mec, il me fait : "ah non, mais là, il faut aller voir ce type là, à l'entrée."
"Par contre, il arrive à 13h." Et il y a déjà devant son guichet une queue d'une bonne dizaine de personne. Et vu qu'ici, il faut dix minutes juste pour remettre un papier...
Je me casse, je reviendrai un peu plus tard.
Ca faisait longtemps, aussi, je trouvais, que l'administration argentine ne m'avait pas fait suer.
Sinon, à part ça, mon pote Hugo, c'est pas la moitié d'un con.
Il en sait, des choses, le bougre.
Hier, après le repas, il m'a raconté comment l'Angleterre a construit les frontières et les situations économiques du continent sud américain.
L'Uruguay, ce petit bout de pays coincé entre l'Argentine, le Rio de la Plata et le Brésil ?
Armé et construit par l'Angleterre. Le but, c'était de faire du Rio de la Plata des eaux internationales.
Pour le Paraguay c'est pareil. Ils ont armé argentins, péruviens et boliviens pour tomber sur le paletot de ce pays sur le fleuve du même nom qui leur faisait une concurrence terrible au début de la révolution industrielle.
De la même manière, ils ont armé les chiliens pour qu'ils conquièrent le nord du désert. La fameuse guerre du Pacifique, c'est ça. Armer massivement le Chili pour qu'ils conquièrent le désert d'Atacama au dépens de la Bolivie et du Pérou, puis leur faire rembourser leurs dettes de guerre en exportant massivement le salpètre et le guano. Ca peut faire rire, mais en fait, le guano, c'est à l'époque le must en matière d'engrais (on est aux débuts de la révolution de l'agriculture). Et le salpètre, ça sert à faire la poudre à canon.
Voilà comment on se retrouve avec des pays nabots, amputés. Et c'est comme ça que la Bolivie n'a plus accés à l'océan, gros handicap. Et c'est comme ça que le Paraguay est un "paradis fiscal", mais pas franchement un paradis économique.
Sinon, ils ont aussi confié au FMI la mission de détruire économiquement l'Argentine après la guerre des Malouines, jusqu'à ce que Kirschner prenne la bonne initiative de rembourser intégralement la dette argentine pour retrouver son indépendance.
C'était drolement intéressant, mais du coup on a pas trop vu l'heure.
Ce matin, pas facile.
Des bises.